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Alloboulotbobo.fr, ensemble face au mal-être au travailArticle, 13 avril 2010 La préoccupation pour le bien-être au travail prend de l'ampleur, à la fois dans les institutions concernées par la santé au travail, dans les thèmes de recherches au niveau européen et dans un certain nombre d'entreprises. Les salariés n’ont, quant à eux, que trop rarement l’occasion de se confier sur ce qu’ils vivent en situation de stress et se retrouvent isolés. Les initiatives pour venir en aide aux personnes en situation de mal-être professionnel apparaissent peu à peu. Le site www.alloboulotbobo.fr, site communautaire visant à aider les gens souffrant au travail à venir s'exprimer, à faire partager leur expérience, se faire aider et aider les autres dans un esprit communautaire, est l’une de ces initiatives.My RH Line a rencontré, Victor Waknine, Fondateur du site Alloboulotbobo.fr
My RH Line : Comment est née l’idée du site www.alloboulotbobo.fr ? Victor Waknine : L’idée est née il y a 3 ans, en 2007. Je suis moi-même consultant en stratégie, développement et management. J’ai un parcours professionnel de dirigeant d’entreprise notamment dans les nouvelles technologies. J’étais, à cette période, en pleine réflexion à la fois sur le management et sur internet (notamment les espaces collaboratifs et les partages de connaissances). Etant en contact, en tant que PDG, à la fois avec la motivation et la souffrance des salariés, je réfléchissais sur la problématique de la souffrance au travail et je me suis demandé s’il n’y aurait pas besoin de créer une plate-forme collaborative pour que les internautes du monde de l’entreprise partagent leurs expériences.J’ai une légende personnelle. Il se trouve que je suis moi-même sorti du monde de l’entreprise d’une façon peut-être un peu brutale comme beaucoup de PDG débarqués. J’ai donc aussi essayé de rebondir sur du positif en essayant d’apporter quelque chose au monde de l’entreprise, une touche nouvelle et du partage.
Je connaissais bien internet, les logiques d’actionnaires et d’entreprises, et j’avais beaucoup travaillé la direction des équipes en étant patron. Je me suis alors dit qu’il y avait peut-être une place pour un site collaboratif et pédagogique sur la souffrance et le bien-être au travail.
Les sites qui existaient (sites médicaux, forums féminins) n’envisageaient la question que sous l’angle du stress.
"Le bobo social peut dégénérer et devenir une grave maladie"J’ai fait moi-même ma propre introspection sur tous ces problèmes-là et il m’a semblé qu’il y avait trois liens sociaux fortement dégradés : le monde de l’entreprise, le monde de la famille et le monde de l’école. Ces trois organisations ont été fortement perturbées et le lien social y est fortement bousculé. Je me suis posé la question du malaise social, "bobo social". Pour le moment c’est un petit bobo, mais il faut faire attention car il peut dégénérer et devenir une maladie grave. En revanche un petit bobo peut être soigné si l’on réagit assez vite. Comme je viens du monde de l’entreprise, j’ai commencé par Alloboulotbobo mais j’ai déposé des marques sur allofamillebobo, alloecolebobo et allosocialbobo. Il y avait une démarche globale. J’ai commencé par Alloboulotbobo, parce que c’est ce que je connaissais le mieux. Je me suis concentré sur l’urgence de créer une plate-forme collaborative et pédagogique sur la souffrance au travail.
My RH Line : Comment se présente le site ?Victor Waknine : Ce site est un peu le wikipedia de tout ce qui a été publié mais sélectionné par nous sur ces thématiques. L’ambition est d’apporter une source pédagogique et de discussions sérieuses sans être stigmatisant. Il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Le positionnement n’est pas la souffrance mais le bien-être. Le but c’est d’aller mieux.
Il ne s’agit pas uniquement d’un site sur le stress. N’étant ni psy, ni coach, je me suis mis sous l’œil du patron, du dirigeant d’entreprise qui partage avec ses équipes, les difficultés économiques mais aussi les moments heureux de l’entreprise où l’on développe un beau projet. J’étais au carrefour des pressions et des contraintes entre l’actionnaire qui m’avait nommé PDG et les salariés. Je devais « encaisser » pour mes troupes pour les protéger un peu comme un papa et leur faire partager de façon éthique les soucis du dirigeant. Je pense que les principales difficultés du monde de l’entreprise viennent de la confusion qu’il y a entre les pouvoirs du conseil d’administration et de l’actionnaire et la création de valeurs de l’entreprise qui est faite par l’organisation, le capital humain, les clients et le marché. J’ai donc poussé un petit peu loin la volonté de protéger l’outil de travail. Une des grandes difficultés du climat social dans le monde du travail vient de cette confusion.
"Le positionnement n’est pas la souffrance mais le bien-être.
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